1944 Deux Destins
Deux vies parallèles sous l'Occupation.
Aucun romantisme.
Synopsis
Janvier 1944. Le front de l'Est se fissure. Ernst Vogel, 26 ans, soldat de la Wehrmacht, sert dans une unité d'infanterie en retraite vers l'ouest depuis l'Ukraine. Il a perdu son frère cadet à Stalingrad. Il n'a pas écrit à sa mère depuis huit mois.
Au même moment, à Strasbourg, Sarah Lévy, dix-huit ans, juive alsacienne, fuit avec ses faux papiers vers le sud-ouest de la France. Elle a perdu sa famille un an plus tôt. Elle ne parle plus depuis. Une filière la fait passer de ferme en couvent, de couvent en cave.
Vingt chapitres en miroir. Deux trajectoires qui ne se croiseront qu'une fois, à la toute fin, dans les Vosges en novembre. Pas pour le bien, pas pour le mal. Pour autre chose qu'aucun des deux n'avait su nommer avant.
Extrait
Ernst écrivait peu. Pour ne pas dire ce qu'il aurait fallu mentir. La dernière lettre à sa mère, en mai, parlait du printemps russe, des fleurs jaunes au bord des chemins, de l'odeur du pain de seigle.
Il n'avait pas écrit que dans le pain de seigle, parfois, on trouvait des cheveux humains.
L'univers
Le Front de l'Est
Janvier — août 1944. Ernst recule depuis l'Ukraine. Le froid, la boue, les morts qu'on n'enterre plus. L'idéologie qui s'effrite à chaque village brûlé. La hiérarchie qui se cache.
Strasbourg occupé
Sarah y a vécu jusqu'en mars 1943. Allemand obligatoire, statut juif, rafle. Toute sa famille déportée. Elle, sauvée par un voisin pasteur qui refuse encore aujourd'hui d'expliquer pourquoi.
La filière
Catholique, en partie. Communiste, en partie. Beaucoup de femmes. Sarah descend à pied, en charrette, en autobus. Aucune carte. Que des prénoms, des phrases-codes, et la confiance qu'elle apprend à mesurer en secondes.
Les Vosges
Novembre 1944. La forêt entre la frontière et l'arrière-pays. Les Allemands se replient. Les Américains avancent depuis le sud. Les maquisards tiennent les chemins. C'est là que les deux trajectoires vont se croiser.
Les lettres
Ernst en écrit. Il ne les envoie pas. Sarah n'en écrit aucune. Elle prend des notes, sur un carnet de cuir noir. Le carnet est retrouvé en 1948 par un curé. Il refuse de le rendre à la famille survivante.
L'après
Le roman ne raconte pas ce qui se passe après la rencontre. Le dernier chapitre revient en 2024, dans une bibliothèque parisienne. Un historien reconstitue les deux trajectoires à partir du carnet noir et d'une lettre allemande retrouvée chez un brocanteur de Colmar.
Personnages
L'auteur
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